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France: Le député RN Grégoire de Fournas exclu temporairement de l'Assemblée nationale
information fournie par Reuters 04/11/2022 à 17:57

L'Assemblée nationale à Paris

L'Assemblée nationale à Paris

PARIS (Reuters) - Le député Rassemblement national Grégoire de Fournas, accusé d'avoir tenu des propos racistes en séance, a été exclu temporairement du Palais-Bourbon, a annoncé vendredi la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet.

La décision a été confirmée par un vote dans l'hémicycle, lors duquel les députés favorables à la sanction, la plus lourde prévue par le règlement, se sont levés.

La présidente a demandé à Grégoire de Fournas, élu de Gironde, de quitter l'hémicycle avant de prendre la parole.

"Le libre débat démocratique ne saurait tout permettre (...) et surtout pas le racisme", a dit Yaël Braun-Pivet.

La sanction a été prononcée pour "manifestation troublant l'ordre ou qui provoque une scène tumultueuse."

Dans un message sur Twitter, le député incriminé s'est déclaré "totalement innocent".

"Je ressens cette sanction d'une dureté inouïe avec une grande injustice. Mais respectueux de l'institution, je m'y soumets", écrit Grégoire de Fournas.

Après l'avoir entendu, le bureau de l'Assemblée a décidé de prononcer contre lui une "censure avec exclusion temporaire", qui prévoit une réduction de moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois et l'interdiction de participer aux travaux parlementaires ou de paraître au Palais-Bourbon pendant quinze jours.

C'est la deuxième fois seulement qu'une telle sanction est prononcée depuis 1958.

Selon deux participants à la réunion du bureau de l'Assemblée, la décision a été prise à l'unanimité, les députés Rassemblement national présents ayant choisi de quitter la salle et de ne pas participer au vote.

La sanction correspond à "ce que nous demandions", a déclaré Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI).

De son côté, la présidente du groupe RN, Marine Le Pen, a dénoncé une procédure "politique".

"Si à chaque fois qu'un propos manque de finesse, il devait faire l'objet d'une exclusion de l'Assemblée nationale, on se sentirait à l'aise, on aurait de la place", a-t-elle déclaré à la presse.

D'après le compte rendu de la séance de questions au gouvernement de jeudi, Grégoire de Fournas a lancé "Qu'il retourne en Afrique" lors d'une intervention du député LFI du Val-d'Oise, Carlos Martens Bilongo, qui interpellait le gouvernement sur les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée.

MANIFESTATION DEVANT L'ASSEMBLÉE

Le camp RN affirme que le député sanctionné parlait du bateau de migrants évoqué par l'élu LFI et ne visait pas ce dernier, auquel Grégoire de Fournas a envoyé un message, consulté par Reuters, dans lequel il se dit notamment "navré de l'incompréhension" suscité par ses propos.

Plusieurs membres du gouvernement et des députés hors RN de l'Assemblée nationale ont vivement protesté après l'incident, tandis que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, parlait de "racisme ordinaire".

En début d'après-midi, avant la réunion du bureau de l'Assemblée, une manifestation de protestation à l'appel de La France insoumise a réuni quelques centaines de personnes aux abords du Palais-Bourbon, dont le député Carlos Bilongo et le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.

"Je suis une personne qui a la peau noire et ces mots-là, je les ai déjà entendus dans le passé, ça m'a rappelé des épisodes de ma vie que je n'ai pas aimés et pour moi, les entendre à l'Assemblée nationale, c'est choquant", a dit à Reuters Pedro Filipe, étudiant en droit de 19 ans venu de Troyes (Aube).

Jean-Luc Mélenchon a réclamé "la sanction la plus sévère pour la personne qui s'est rendue coupable des propos racistes que nous avons entendus. Ces propos sont incompatibles avec l'identité de notre patrie commune et le lieu dans lequel cette phrase a été prononcée". "Dehors!", a-t-il lancé sous les applaudissements.

Le rassemblement s'est terminé par une Marseillaise chantée.

(Rédigé par Myriam Rivet et Elizabeth Pineau, édité par Marc Angrand)

17 commentaires

  • 04 novembre 19:16

    On n'a plus le droit de dire ce que l'on pense au sujet de l'immigration. C'est très grave ! Ce qu'à dit ce député n'avait absolument rien de choquant puisque notre gouvernement prétend renvoyer les OQTF. Alors, comment va-t-il s'y prendre s'il n'a même plus le droit de prononcer les mots "retourner chez eux"? La vérité, c'est que tout le monde peut venir chez nous sans aucun papier. La France est ouverte à tous les courants d'air. Quelle triste fin !


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